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  • Vincent Kappeler

J'AI REGARDÉ POUR VOUS "UNE SERIE SCANDINAVE DONT LE NOM M'ÉCHAPPE"

Qu’y a-t-il de plus glauque qu’une série scandinave dont le nom m’échappe ? Peut-être un livre scandinave.


Tout commence par un meurtre sordide. Ici une maison de campagne. Des draps au premier abord blancs volent doucement au vent le long d’une corde à linge. Dans un lent travelling, on découvre le blanc devenir de plus en plus rouge au niveau des plis. Ils ne sont pas suspendus sur une corde à linge mais sur des viscères noués les uns aux autres entre la grange et un arbre décharné. On comprend encore mieux dans la suite du mouvement lorsqu’on découvre un corps éventré gisant au sol. Bonjour l’ambiance.


Arrive sur les lieux du crime Mette, l’enquêtrice. « Ce n’est de loin pas la première fois que j’assiste à un tel spectacle » confie-t-elle à un adjoint qui, lui, s’en va dégueuler son petit déj. On capte direct que ce bonhomme, il n’ira pas très loin dans sa carrière et que si il espérait secrètement pouvoir toucher les miches de sa supérieure, c’est râpé. Parce que c’est vrai, Mette a une beauté glaciale.

Arrive à son tour Lars, l’autre enquêteur, qui est toujours en retard parce qu’il a quatre gamins et que sa femme est en dépression, alors il doit faire plein de trucs le matin avant de se rendre au taf. On ne sait pas si il vit à deux minutes du lieu du crime, mais en tout cas, il sort de la bagnole avec une tartine dans la main. « Salut les gars », le Lars c’est une bonne nature, il est toujours de bonne humeur. « Alors qu’est-ce qu’on a, Mette ? » qu’il lui demande en-dessus du corps éventré. « Eh ben comme tu peux voir, ce qui manque ici » qu’ elle dit en désignant le bidon du cadavre « se trouve là » qu’elle dit en pointant les draps. « Ah merde », qu’il répond. Mais en fait il ne dit pas merde pour cet affreux homicide mais parce qu’il vient de faire tomber de la confiote sur le front du macchabée. « Svensson », qu’il dit, « tu me passes un mouchoir. ». Svensson, c’est le gars qui a dégueulé tout à l’heure. Il les rejoint et file un mouchoir à Lars avant de retourner vomir. Ça les fait tous marrer. « Bon, c’est pas tout ça mais moi faut que j’aille chier » qui dit le Lars, il est plutôt du genre direct mais ça ne choque personne, ils le connaissent. « Où sont les chiottes, Svensson ? », il est aussi pince-sans-rire Lars.


Au commissariat, ce n’est pas la fête. Le commissaire doit parler à la presse et ça le contrarie sec. Comment expliquer ce nouveau crime ? Ça fait des mois qu’il leur échappe cet éventreur. « Va falloir mettre le turbot Mette et Lars, sinon je confie l’affaire à Karlsson et Sjorberg ». Pour la première fois, Lars tire un peu la tronche. C’est vrai qu’ils pataugent depuis un moment dans cette affaire et puis Karlsson et Sjorberg, il ne les aime pas, c’est des arrivistes.

Lars fait un clin d’œil à Mette, pas pour la draguer mais pour lui parler en aparté. «C’est pas logique de suspendre du linge avec des viscères, ce gars a dû subir des traumatismes dans son enfance, il faut qu’on axe nos recherches là-dessus ». Mette est d’accord et va même plus loin : « Si ça se trouve, il a aujourd’hui une vie normale et tous ses voisins l’adorent, il leur file du sucre quand ils en ont plus et peut-être même qu’il joue au curling avec leurs gosses mais dans le fond, il est malheureux. ». C’est au tour de Lars d’être d’accord. « Bon, on se retrouve au bar pour parler de tout ça vers 1h30, là je dois aller coucher les gosses, je n’y arriverai pas avant. » « Ok, à toute. »


On découvre Mette seule dans son appartement. Elle pleure en regardant des photos de son fils et de son mari, pas parce qu’ils sont au cinoche sans elle mais parce qu’ils sont morts en faisant de la randonnée.

Pendant ce temps, Lars est dans les cris chez lui, ça piaille dans tous les sens, un des gosses fait tomber exprès son assiette de la table, un autre lui tire les cheveux, Lars est sur tous les fronts mais on sent qu’il est à bout. Sa femme ne bronche pas, ça le met hors de lui et il lui crie dessus.


Heureusement, nous voilà au bar. L’humeur n’est pas au beau fixe. Chacun a eu une soirée difficile. C’est le bon moment pour se rouler une pelle et filer dans une chambre d’hôtel. La scène est torride, presque sauvage, ils évacuent les frustrations de l’enquête.

En sueur dans le plumard, ils fument des clopes et là Mette a une illumination. « Tu te rappelles de la première scène de crime, celle avec les bouts d’intestin découpés en demi-cercle dans la cour d’école ? » « Non, j’ai oublié. » « Ces demi-cercles, c’était une mise en scène pour représenter des cordes à sauter. On a fait fausse piste, on a affaire à une éventreuse. »


Tous les flics se retrouvent au gymnase le matin suivant. Rien de tel qu’un peu de muscu avant d’aller bosser. Karlsson fait des haltères, Mette du step et Lars évidemment n’est pas là, il est en retard comme d’habitude. Sjorberg, elle, fait de la corde à sauter. Mette ne tilte pas immédiatement mais c’est une fois qu’ils ont fini de faire des exercices qu’elle remarque la corde posée en demi-cercle à même le sol. Elle court jusqu’au vestiaire mais ne trouve pas Sjorberg. C’est normal, elle n’est plus là. Elle n’est pas non plus au commissariat et Karlsson non plus. Lars arrive enfin avec une tartine. « Viens, je n’ai pas le temps de t’expliquer ! » qu’elle dit et ils filent prendre une voiture.

Dans la voiture, elle lui demande « Tu as couché avec Sjorberg ? » « Tu me fais une crise de jalousie ou quoi ? » « Merde, Lars, c’est pas le moment de rigoler, vous avez baisé oui ou non ? » « Oui juste une fois, comme avec toi. » « C’était où ? » « Ben au même hôtel qu’hier soir. » « C’est là qu’elle va vouloir éviscérer Karlsson. » « De quoi tu parles ? » et bim elle lui explique tout, ça ne fait aucun doute.

Ils arrivent juste à temps à l’hôtel, Karlsson est attaché nu à une chaise, ils le voient à travers la fenêtre. Sjorberg aperçoit Lars en revenant des toilettes avec son scalpel, Mette défonce la porte et l’abat de plusieurs balles. « Rhabille-toi, Karlsson, t’es ridicule. » lui dit Lars en le détachant.


J’aurais peut-être dû regarder en v.o.


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